• J'ai beau avoir appliqué au mieux les différentes recommandations pour tenir éloigné le cancer, la maladie rode toujours autour de moi. Mon régime alimentaire modifié(diminution drastique de tous les sucres non raffinés) , mon mode de vie plus sportif et mon aspiration à mener une vie plus méditative n'ont pas suffi à éloigner la fatigue et les petits bobos qui l'accompagnent ( chute des globules blancs, mycoses...). Je ne me suis sans doute pas assez accordé assez de repos. Avec le recul, j'ai l'impression de courir pour ne pas être rattrapée par le cancer, mais à trop vouloir courir, on s'épuise et on obtient l'effet inverse. Il faut absolument que je retrouve un équilibre de vie ! Mais qu'il est difficile de se stabiliser après le choc d'une maladie aussi terrifiante que le cancer ! J'espère trouver le courage et la ressource pour continuer le combat...


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  • La journée s'annonce grise sur la côte d'azur : pluie au programme toute la journée ! Mes filles sont en vacances et nous avons passé la semaine en tête à tête avec mon mari. Nous avons jardiné et repeint certaines portes abîmées de la maison. Nous avons fait beaucoup de ménage et lessivé les murs. J'avais besoin de faire table rase du passé et certains des massifs dans le jardin en ont fait les frais ! Aujourd'hui je devais participer à la course " La Niçoise" . Une partie des bénéfices est destinée au soutien des associations qui oeuvrent dans la lutte contre le cancer du sein. Mais les conditions météorologiques étaient si mauvaises que je n'ai pas eu le courage d'aller à Nice.

    Bravo à toutes les courageuses qui auront participé et ainsi aidé les femmes atteintes de cancer . 


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  • Cela fait presque'un an que l'annonce de mon cancer a eu lieu. Le 23 avril exactement, au lendemain de mon anniversaire. La terre avait tremblé si fort ce jour-là  que je m'en souviens encore. Je suis contente d'être là aujourd'hui et fière d'avoir traversée toutes ces épreuves. Je sais maintenant qu'il me faudra en traverser d'autres aussi dures ou plus terribles encore mais je suis plus sereine. Je me sens un peu mieux armée, un peu plus forte. J'ai cheminé vers la mort, j'ai beaucoup lu, rencontré des gens, vu des films, écouter des musiques, changé mon mode de vie. Je suis heureuse d'avoir évolué, j'accepte mieux ce qui m'est arrivé. J'ai grandi en somme ! Je goûte chaque jour les petits moments de bonheur qui s'offrent à moi...


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  • Je n'ai plus eu beaucoup de courage pour écrire ces derniers temps. La vie alterne ses moments de répits et ses moments de cahots. Les soucis de santé de ma fille aînée me sont revenus en pleine face alors que je les croyais écartés. En fait, tant que les médecins n'auront pas trouvé ce qui provoque ses lésions, ils continueront à chercher et nous, nous continuerons à nous faire du souci. Je ne peux m'empêcher de culpabiliser en pensant que c'est ma maladie qui a déclenché un stress intense ayant provoqué ses problèmes dermatologiques. Le cancer impacte tellement fort l'entourage que je m'en veux de ne pas l'avoir mieux protéger. J'aurai du être plus forte ! Le mal est fait et il ne sert à rien de se ronger encore et encore. Il faut maintenant vivre avec cette peine et se résigner pour pouvoir l'aider utilement. Le sentiment d'injustice est toujours aussi fort, peut - être cédera - t - il avec le temps ?


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    Avant, après

     

     

     

    Avant, il y a les choses simples de la vie, les petits bonheurs quotidiens, la douce nostalgie de l’enfance heureuse, la sensation d’être remplie, d’avoir accompli ses projets de vie : un mari, des enfants, une maison à soi, un boulot stable, une famille équilibrée.

     

    Après, il y a la peur, la perte de repères, la trouille, l’incertitude et l’angoisse. Le temps qui devient à la fois un ami et un ennemi : un jour passé est synonyme de victoire sur la maladie mais un jour de plus nous rapproche de l’inéluctable. On aimerait avoir dix ans de plus pour être certain d’avoir pu entourer ses enfants le temps qu’ils deviennent adultes et autonomes. Alors ce jour passé revêt beaucoup d’importance car il nous permet d’espérer que l’on va atteindre ce moment où nos proches auront moins besoin de nous.

     

    Il y a toujours un avant et un après, mais l’avant est plus beau que l’après. Le problème c’est que lorsqu’on est dans l’avant on ne peut pas prendre conscience de l’après car on ne vit pas dans sa chair la blessure qui nous fait basculer dans l’après. Bien sûr on a tous vécu des épreuves qui nous ont donné un petit aperçu de l’après mais ce n’était que des accidents de parcours. Là, c’est autre chose. Seuls ceux qui connaissent l’après peuvent comprendre... Les autres peuvent toujours essayer d’appréhender la difficulté de ceux qui sont dans l’après mais en aucun cas ils ne peuvent partager leurs peurs.

     

    Bien sûr, il y a plusieurs après :

     

    ·         L’après légitime et bref : c’est à mon sens le meilleur des après. Il correspond à ceux qui ont vécu une longue et heureuse vie sans souci de santé particulier et qui ne prennent conscience que leur mort est imminente que quelques heures ou jours avant de décéder.

     

    J’aurai aimé appartenir à  cette catégorie d’êtres humains mais j’ai perdu à la loterie de la vie.

     

    ·         L’après illégitime (parce que vécu trop jeune, dans la fleur de l’âge)  long ou court: il correspond aux personnes qui comme moi ont appris trop tôt qu’ils souffraient d’une maladie engageant le pronostic vital et diminuant considérablement l’espérance de vie.

     

     

     

    Bien entendu, il existe une troisième catégorie à laquelle je n’aurai pas forcément aimé appartenir non plus mais qui me paraît pourtant plus enviable.

     

     

     

    ·         C’est celle des personnes trop jeunes pour mourir qui décèdent brutalement accidentellement. Cette catégorie d’êtres humains a le mérite de ne pas avoir vécu l’après. Ce sont les proches qui malheureusement font l’expérience de l’après à la place du disparu.

     

    ·         Enfin il existe aussi une quatrième catégorie d’hommes qui n’auront connu que l’après. Ceux qui auront connu la souffrance, la peur et l’incertitude dès leur plus jeune âge.

     

    Dans mon malheur, j’estime donc avoir de la chance puisque je n’appartiens pas à cette dernière classe de l’humanité. J’ai eu le bonheur de connaître un avant merveilleux.

     

    Je n’enjolive pas cet avant, j’ai eu beaucoup de chance de le vivre. Je ne suis pas ingrate : la vie m’a choyée jusqu’à mes quarante ans. J’ai eu une enfance heureuse, je n’ai manqué ni d’amour ni d’attention. J’ai grandi dans un univers sain et confortable. J’ai évolué dans un milieu privilégié. J’ai pu faire les études que je voulais faire. J’ai partagé beaucoup de bons moments avec des amis. J’ai épousé un homme gentil et aimant. J’ai eu deux filles que j’ai désirées. J’ai exercé une profession que j’ai choisie dans des univers professionnels amicaux. Bref, j’ai profité des bonheurs de la vie pendant quarante belles années. J’ai toujours été consciente de cette qualité de vie dont j’ai bénéficiée, l’avant m’est cher et précieux. J’aurai aimé avoir la chance de demeurer encore longtemps dans cet avant. Mais peut – être que mon quota de bonheur était atteint ?

     

     Non je ne crois pas que le bonheur puisse se quantifier ou se borner. C’est le destin qui décide du moment où l’on doit quitter l’avant et du temps que l’on doit passer dans l’après.

     

    L’après est mon purgatoire. Je ne le méritais pas, je n’en voulais pas. Quand on est dans l’après, une question lancinante occupe totalement l’esprit : pourquoi ?

     

    Pourquoi moi ? Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi pas eux mais moi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

     

    A ces questions je n’ai pas trouvé de réponses mais j’ai souvent entendu une petite voix venue du plus profond de moi qui martelait : et pourquoi pas toi ? Qu’as – tu de mieux qu’une autre pour ne pas connaître à ton tour la souffrance et la peur ?

     

    Que faire avec toutes ces questions lorsqu’on est dans l’après ? Rien, il n’y a rien à faire. Je trouve cela profondément injuste mais il n’y a rien à faire. L’après nous rappelle juste ce qu’on fait semblant d’ignorer lorsqu’on est dans l’avant : on va mourir. Quitter ce que l’on a de plus cher. Cela paraît injuste quand on est jeune mais j’ai quarante ans et lorsque je regarde en arrière, je ne vois plus que les moments de joie. Je vous vois mes chéries rayonnantes dans la lumière d’une journée d’été. Je vois aussi la petite fille que j’étais, la femme que je suis devenue, la mère épanouie. Alors peut – être que je ne verrai pas vos enfants naître et grandir mais je vois le bonheur qui a été le mien et je prie pour que vous connaissiez aussi tout cela. Je prie surtout pour que vous soyez épargnées par l’après.

     

    Parce que l’après est terrifiant. Il me faut du courage pour l’affronter chaque jour. Mes nuits ne sont plus aussi sereines, mes réveils sont souvent tristes parce qu’ils ne ressemblent plus à ceux d’avant.

     

    Avant, on se réveille en pensant à ce que l’on va faire dans sa journée. Après on se réveille en se disant que l’avant est terminé et que le temps est compté.

     

    Avant on se réveille en s’étirant ou en sautant du lit. Après, on se réveille en évitant de s’étirer parce qu’on souffre dans sa chair et que la douleur rappelle la dure réalité de la maladie.

     

    Avant on se réveille tout simplement, après on se réveille avec des questions effrayantes : Combien de jours encore ? Aurai – je le temps ?

     

    Alors on se lève et on accomplit tous les gestes d’avant mais mécaniquement en essayant de faire comme si de rien n’était. On a souvent l’impression d’être spectatrice de sa mise en scène. On observe, on commence à souffrir de dédoublement de personnalité. Il y a la personne d’après qui essaie de faire exister l’être d’avant. On ne se reconnaît plus. Est – ce qu’on est encore celle d’avant ou celle d’après ? Qui est la véritable habitante de ce corps ?

     

    On se rend compte qu’avant, on n’était pas toute seule à habiter son corps : il y avait eu l’enfant, la jeune femme et la mère. La petite fille, l’épouse et la mère ont changé toutes les trois. On est maintenant six à occuper notre enveloppe. La petite fille est peut – être celle qui a le moins changé : elle reste proche de celle qu’elle était avec ses peurs, son émotivité, sa capacité à s’émerveiller. L’épouse a résisté aussi mais la mère a vacillé. Elle a désormais si peur de partir avant d’avoir terminé son travail.

     

    Une maman c’est une béquille, un baume, un cœur qui permet de grandir, d’aimer, de s’équilibrer. Sans sa mère l’enfant avance en équilibre sans filet. J’aimerai tant être capable de tenir le filet sous chacun de vos pas encore quelques années. J’ai si peur de ne plus être là au moment où vous chuterez.

     

    Car vous chuterez comme je l’ai fait à certains moments dans ma propre vie d’avant. Mais moi j’ai eu la chance de toujours retomber dans le filet maternel et j’ai alors pu rebondir telle une équilibriste. J’ai toujours pu remonter sur le fil jusqu’à ce jour où j’ai basculé dans l’après. Pourtant, cette fois – là encore,  filet a encore joué son rôle protecteur et m’a sans doute évité une chute irrémédiable. Il va sans doute être impossible de remonter  sur le fil tout en haut du chapiteau mais la présence de ma mère à mes côtés, alors que j’ai atteint les quarante ans, est inestimable.

     

    Je m’en veux beaucoup de ne pas être en mesure de vous offrir cela.

     

    Je prie pour que votre papa, votre tante, vos grands –parents, vos cousins, vos amis et les personnes qui partageront un jour votre vie soient capables de tendre des filets sous vos pas. Je crois qu’ils en seront capables à condition que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir pour ne pas prendre des risques inconsidérés qui vous feraient chuter inutilement. Je ne veux pas servir d’excuse à des conduites risquées, je souhaite que vous respectiez toujours votre avant et mon après. Je veux que vous profitiez de la vie et de ses moments de bonheur encore plus en sachant que votre maman en a été privés. La vie d’avant exige le plus grand respect ! Celle d’après aussi même si elle est plus âpre et amère.

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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